Vendredi 25 mai 2007

Fumeur occasionnel depuis quelques années, j'ai pris depuis près d'un an l'habitude -mauvaise ou non- de m'adonner à ce vice quand je joue aux échecs.

Est-ce une erreur ?

Sans doute qu'un grand "oui" sera la réponse donnée a tempo de mon médecin, de ma petite soeur (coucou Lise), et de mon porte-monnaie (lequel est déjà bien chétif et peu enclain au gaspillage).
Bien entendu, je n'ai pas besoin d'eux pour le savoir, c'est écrit dessus, en lettres capitales : "fume tue".
Un message sans fioriture, et porteur d'une terrible réalité, fumer, c'est mourir à petits feux.
Mais au vu de mes résultats l'été dernier en open, je suis tenté de penser, non sans une once de provocation, que fumer tue, oui... mais plus vite mon adversaire que moi !

Tabagisme passif ? non bien entendu, je n'ai pas encore le toupet de fumer devant l'échiquier. Je prends encore le temps de sortir déguster mon poison dehors, je ne suis pas très partageur. Et ma concentration a grandement augmenté depuis que je m'accorde quelques instants de répis.
La tête vidée, je reviens toujours plus frais sur l'échiquier, plus attentif aux pièges tactiques.
Et donc, je repose la question, "lorsque l'on joue aux échecs, fume tue encore, mais qui ?"


Il y a la cigarette d'avant, une sorte de "cigarette du condamné", celle qui permet de goûter au calme avant la tempête.
Il y a la cigarette du 15ème coup (environ), celle qui remet les esprits en place au sortir de l'ouverture : perdu déjà ? gagnant ? peu importe, la bataille arrive à son apogée.
Il y a la troisième (et plus importante) cigarette de la partie, celle du contrôle de temps ! Après le 40ème coup, il est vraiment bénéfique de faire une pause pour revenir sur l'échiquier, généralement sur la finale avec un regard tout à fait neuf. Et oui, fumer est paradoxalement le meilleur moyen de prendre le temps de RESPIRER, de souffler et d'ôter ainsi le stress du zeitnot.

Attention cependant aux excès, un fumeur drogué et dépendant peut souffrir d'un manque de concentration du  à son état de manque, pendant la partie...
Attention également aux étourderies possibles au retour de la clope, si l'on n'y prête attention !

De toute façon, fumer tue, donc ne commencez pas, et si vous appréciez comme moi la cigarette pendant que vous jouez... NE JOUEZ PAS !

par Guillaume Lestrelin publié dans : chess
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

Commentaires

Cela a commencé par les avions. Les Américains ont imposé sur les vols qui arrivaient chez eux que les avions soient non fumeur. Les compagnies aériennes ont suivi le mouvement et imposé cela sur tous les vols. Puis, cela a été au tour des Mac Donald en France, qui avaient tous une zone fumeur et non fumeur et qui les ont supprimées. Ensuite, le train après être passé de fumeur partout à fumeur dans une seule voiture, a supprimé totalement la cigarette. L'entreprise a suivi et aujourd'hui tous les lieux publics, bars, restaurants, boîtes de nuit, bar à chicha, magasins, etc.
Que la cigarette soit mauvaise pour la santé c'est certain, qu'un environnement fumeur soit mauvais pour la santé c'est aussi certain.
C'est pourquoi, pour un fumeur, être gêné dans un avion ou un train pouvait être à peu près supportable.
Mais le fumeur a aussi le droit d'avoir une vie normale. C’est-à-dire de pouvoir sortir dans un bar, restaurant, boîte de nuit, sans être un pestiféré et se retrouver à 30 dehors en train de fumer. La situation devient complètement absurde, lorsqu'on va dans un bar où la majorité des clients fumeurs (et souvent alcooliques) se retrouvent sur le trottoir. Le bar est vide (aucun non-fumeur) le bar est dehors sur le trottoir...
En Espagne, le gouvernement a choisi la souplesse, le client peut choisir entre un bar non-fumeur et un bar fumeur. On nous dit les familles vont pouvoir aller dans les bars et les restaurants. C'est très bien que les familles y aillent, mais qu'elles laissent aussi le droit aux autres d'y aller.
C'est pourquoi, nous souhaitons des lieux fumeurs, pour nous aussi avoir le droit à la convivialité. Où est la convivialité lorsqu'on doit arrêter une conversation qui devenait intéressante et sortir toutes les 20 minutes dehors, regarder les gens passer dans la rue.
En France, nous avons un réseau de 31 000 bars tabac. Le café bar est une spécificité tout à fait française. Cette spécificité française risque de disparaître très vite, si cette loi est maintenue en l'état. Les bars tabac vont devenir des drugstores. Un concept ? Américain...
Qui va dans les boîtes de nuit ? Des familles avec enfant ? Non des jeunes, à 40 % fumeurs.
Sous couvert de culpabilité le fumeur accepte tout. Mais il a tort. Lui aussi a le droit de sortir de chez lui et d'avoir une vie sociale. En plus, la suite de la guerre anti-fumeurs, c'est ce qui se passe actuellement aux États-Unis et au Canada : dans certaines régions interdiction de fumer dehors, interdiction de fumer chez soi, interdiction de fumer dans sa voiture, sanctions touchant les soins de santé, etc. La question n'est plus "vous nous enfumez", le sujet est "on vous interdit de fumer où que ce soit." C'est pourquoi, il est urgent de réagir de s'unir et d'exiger des lieux fumeurs pour que les fumeurs, eux aussi, soient respectés.
Là où les non-fumeurs se trompent, c'est qu'ils ne comprennent pas qu'eux aussi pourront se retrouver dans le clan des pestiférés. Si demain une loi passe qui interdit un de leur vice, ils deviendront eux aussi les moutons noirs, qui doivent rester chez eux. Pour supprimer le lien social c'est très efficace. Travail, famille, patrie, boulot, dodo, conso.
Je bois, je fume, je me drogue et souhaite continuer jusqu'à la fin de mes jours. Pourquoi ? Parce que ces trois éléments permettent de rendre la vie moins triste. Pourquoi une majorité bien-pensante va m'imposer ses manières de voir ? Si certains aiment boire de l'eau et ne faire aucun excès dans leur vie, c'est leur vision de la vie, qu'ils ne me l'imposent pas.
Dans une société où les comportements seront complètement normalisés, l'homme devenant une sorte de robot qui exécute des ordres, pourront nous voir encore apparaître : Vincent van Gogh, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Céline, Charles Bukowski, Jean Cocteau, Beaudelaire, Paul Verlaine, Charlie Parker, André Malraux, William Burroughs, Françoise Sagan ?
Ce décret (donc sans vote) qui vient de rentrer en application est un pas de plus dans la direction de l'hygiénisme. Mais nous ne sommes pas américains, ni suisse, ni hongrois...

Citation :
Pierre Zaoui
"Une politique de santé responsable est d’abord une politique de prévention, de prophylaxie. On parle même aujourd’hui de médecine prédictive à venir, une médecine qui permettrait de prévoir les maladies pour mieux les éradiquer. Nul ne peut être en désaccord avec cette idée, la plus simple, la plus rationnelle, la plus efficace pour diminuer les dépenses de santé. Il est plus rationnel de se laver les mains que d’attraper le choléra. Et l’on est même en droit de s’en prendre à l’État quand celui-ci déroge à ce premier principe de santé publique, comme aux débuts de l’épidémie du sida.

Un seul problème toutefois : la politique du « tout préventif », cela s’appelle, depuis le XVIIIe siècle, l’hygiénisme, et l’idéal hygiéniste est un monde pur, aseptisé, propre, sain de corps et d’esprit, en bref un monde sans vices, c’est-à-dire un monde de pur cauchemar, parfaitement invivable, où il n’est plus besoin d’avoir la peste pour être traité comme un pestiféré. Regardez le sort des pauvres fumeurs américains. Mais déjà en France, on ne fume plus de cigarettes mais des « nuit gravement » ; on ne mange plus de sandwichs mais du cholestérol et des graisses sursaturées ; on ne boit plus d’alcool, on se prépare une cirrhose ; on ne baise plus, on joue stupidement avec sa vie. C’est assez embêtant ce non-choix qu’on nous propose entre le risque idiot et le cauchemar, et c’est déjà une vieille histoire. Hygiénisme et libéralisme forment la double impasse des politiques de santé. D’une part, en effet, comme disent les psychanalystes, l’absence de troubles physiques et psychiques est peut-être la santé, mais ce n’est pas la vie ; d’autre part il n’y a pas de politique de santé sans idée de soin (et de prendre soin avant de soigner). Les États qui ne font aucune prévention sont des États parfaitement irresponsables, et parfois criminels.

Les États hygiénistes nous ouvrent les portes d’un enfer invivable et de surcroît hypocrite, parce qu’évidemment l’hygiénisme, ça ne marche pas, sauf pour la vitrine. Par-derrière, c’est soit la répression, c’est-à-dire l’enfermement ou l’exclusion de tous les déviants (la chasse aux pauvres, la chasse aux drogués, la chasse aux fous) ; soit le contrôle, c’est-à-dire la pathologisation renversée (« vous buvez, parce que vous êtes malades ») et la culpabilisation permanente des déviants (« vous trouez la Sécu ! »). Ainsi, on sent bien qu’on ne saurait s’en tirer par un savant débat entre politique de répression et de contrôle d’un côté (la santé est le premier problème de l’État) et politique parfaitement libérale de l’autre (la santé n’est qu’affaire privée). Le vilain couple hygiénisme- libéralisme a au moins cette vertu (toute négative) de montrer par le fait que la distinction vie privée-vie publique ne fonctionne pas du tout pour penser ce que pourrait être une « bonne » politique de santé.

En revanche, il est bon parfois de se laisser aller à rêver d’une politique de prévention où l’État essaierait de prendre la tangente par rapport à sa double figure de père Fouettard et de mère couveuse. Au moins, au lieu d’une insupportable édification des citoyens, on aurait alors des slogans plus énigmatiques, plus respectueux des choix de chacun et peut-être plus efficaces. Exemples entendus par-ci, par-là : « L’éthylo-tabagisme n’est pas un métier d’avenir » ; « Les accidents ne sont pas des événements » ; « Il n’y a aucune raison de devenir séropositif » ; « La drogue donne du plaisir mais ne règle aucun problème » ; « La mort est la chose la plus banale du monde » ; « Il peut être aussi agréable d’avoir faim que de manger » ; « Tous les fantasmes n’ont pas besoin d’être réalisés » ; « Aimer la santé n’est pas un devoir qui s’impose, mais une joie qui s’apprend » ; « Il y a un gras qui est bon, on l’appelle le bon gras »... Un État faible et fraternel dans une société d’adultes : oui, on a le droit de rêver."
commentaire n° : 1 posté par : Doktor Glub (site web) le: 06/01/2008 13:41:05

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Présentation

  • : Fire on Blog
  • forsale
  • : Consoles
  • : Bienvenue dans le journal de bord d'un joueur d'échecs. Analyses, problèmes, états d'âme, vous saurez tout sur ma passion. De temps en temps je parlerai également de cartes, n'ayez pas peur !
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recherche

positionnement internet sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus