FIRE ON BLOG - journal d'un joueur

Il est des passions plus rentables que d'autres,
Il est des passions moins ingrates que d'autres,
A choisir, évitez les échecs...
S'il est vrai que jouer aux échecs, c'est classe,
Si battre ses collègues à l'aveugle peut impressionner
Et offrir sa petite heure de gloire
Les échecs restent une passion bien radine
En effet, le revers de la médaille est plus pesant :
- Les échecs sont une activité solitaire : combien de fois ne suis-je pas rentré chez moi avec l'envie de partager un petit moment de bonheur, une combinaison originale, une stratégie inédite. Quelle frustration d'arriver dans le cocon familial sans trouver pour autant une seule personne capable d'apprécier les finesses de la partie jouée. Le sentiment de solitude qui nait de ses situations est récurrent, et ce, même quand un proche parent se prend de pitié pour moi et essaie de s'intéresser à mes combinaisons, le pauvre bougre est vite largué... Passion Pourrie !
Non je te le dis, cher lecteur, mieux vaut pécher, et ramener une belle carpe, dessiner et encadrer une belle esquisse de bateau, gratter les cordes d'une guitare et animer les soirées, c'est bien plus gratifiant que de jouer aux échecs. A quoi bon même devenir Maitre ou Grand-Maitre ? La réaction naturelle du proche sera alors : " Wouahou, bravo, formidable, mais... c'est bien Maitre ? t'es ceinture noire bientôt ?"
- Les échecs ne rapportent rien : on en discutait encore avec mes coéquipiers le week-end dernier. Peu de joueurs d'échecs atteignent les 2200 élos. Je ne les ai pas (encore !) et même si j'y arrive, cela ne me servirai réellement pas à grandchose. Etre le 500ème joueur français, c'est travailler les échecs pendant des années, sérieusement, sans relâche (sinon on perd vite le niveau, point de vue ouvertures), et ce travail ingras n'est même pas récompensé sur le plan financier !
Avec le même niveau dans d'autres domaines (exemple : le tennis), on peut gagner très honorablement sa vie. Mais pas aux échecs : Passion Pourrie !
- Comme je l'ai dit plus haut, les échecs demandent une énergie, une motivation et un temps considérable pour être pratiqués à un niveau à peine correct. Et pour s'entrainer, il faut travailler seul, avec des livres et un ordinateur, perdre ses soirées et ses weekends à analyser ses erreurs, se faire violence et investir une semaine de vacances dans un tournoi, plutôt que de partir au soleil... Il y a de la masochie dans l'air... PASSION POURRIE !
Et pour finir, l'élaboration même d'un Blog d'échecs est sujette à frustration : ici encore, dernière oasis dans laquelle je devrais pouvoir m'abandonner au vice du jeu, sans restriction, sans complexe... je dois, ici aussi me faire violence, et m'interdire de divulguer mes parties, ou celles de mes coéquipotes de club, de peur d'être...espionnés !! ! ! ! ! !
PASSION POURRIE !
Et pourtant, les échecs, quel pied...
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