FIRE ON BLOG - journal d'un joueur
Dimanche, 16h30 : en plein tournoi de cartes, je reçois un coup de fil énigmatique de mon père...
"Salut fiston, c'est ton père, je vais te passer quelqu'un"
Répondant d'un "gné ?" qui voulait tout dire, j'attendais la suite. Mon père a le chic pour me mettre dans des situations embarassantes et la suite me confirma rapidement que mes soupçons étaient justifiés
"Tu parles encore russe ? "
Gasp ! C'est reparti, me voilà selon tout vraisemblance devant un ami de mon père d'origine russe, qui va se faire un plaisir de me rappeler en quelques phrases que cette magnifique langue s'oublie en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Car le russe, ça se perd vite, et les six années durant lesquelles je n'ai mot dit en russe vont se payer cher...
Je cherchais donc encore les mots pour dire "je m'excuse, mon père vous embête, mais j'ai oublié tout ce que j'avais pris 8 ans à apprendre, je vous demande pardon, cher étranger", quand le monsieur m'interpelle.
Après quelques balbutiements, je comprends qu'il cherche à me faire deviner qui il est, en me disant où, pourquoi et avec qui il se trouve en ce moment.
(je vous la fais en VF, ce sera plus simple)
"Bonjour, je suis avec votre père, nous sommes réunis pour l'anniversaire d'un ami commun. Vous le connaissez aussi, il s'agit de monsieur XXX. Il a aujourd'hui 60 ans (au passage, Bon anniversaire Georges !) et sa soeur est aussi ma femme."
BINGO, j'ai compris et j'enchaîne en anglais, histoire d'avoir une conversation plus fluide car le bonhomme a visiblement plus de facilités dans cette langue qu'en français.
C'est Spassky, Boris de son prénom, que j'ai en ligne !
Le grand champion du monde d'échecs 1969, connu comme l'adversaire de Robert Fisher dans le mythique match de 1972.
C'est donc empli d'une grande joie que j'apprends qu'il va très bien, qu'il s'est bien remis de ses ennuis récents de santé, et qu'il est heureux d'être en vie, de discuter avec moi.
BORIS SPASSKY EST HEUREUX DE DISCUTER AVEC MOI
Yeaaappaaah
Après un petit quart d'heure, je raccroche, et repose doucement les pieds sur Terre.
[Si j'ai commencé à jouer, c'est "à cause" de lui, avec qui j'ai failli passé des vacances il y a 10 ans, ce qui m'avait poussé à lire mon premier bouquin d'échecs...]
Pour les amateurs de combinaison qui voudraient se faire les dents sur les parties de Boris Spassky, je vous conseille ce petit lien qui vous permettra peut-être de mieux apprécier l'étendue du talent de ce grand Champion de l'école Russe.
PROBLEMES SPASSKY